Notifier une mise à pied disciplinaire — guide employeur 2026
La mise à pied disciplinaire est une suspension temporaire du contrat de travail prononcée à titre de sanction pour faute. Elle n'est pas un licenciement : le contrat continue mais le salarié n'exerce pas son activité et ne perçoit pas de salaire pendant la durée fixée. C'est une mesure grave qui demande rigueur procédurale : mal notifiée, elle peut être annulée et vous exposer à des dommages-intérêts.
Quand utiliser cette lettre
- Faute du salarié (retard répété, insubordination, manquement au règlement intérieur, etc.) justifiant une sanction disciplinaire intermédiaire
- Situation où le licenciement vous semble disproportionné mais l'absence de sanction inadaptée
- Volonté de donner au salarié un délai de réflexion ou de régularisation avant poursuite
- Faute grave ou très grave nécessitant une réaction immédiate (mais évaluez si mise à pied ou licenciement s'impose)
Modèle de lettre
[Raison sociale de l'entreprise]
[Adresse complète]
[Ville], le [Date]
Par lettre recommandée avec accusé de réception
[Nom et Prénom du salarié]
[Adresse personnelle]
Objet : Notification de mise à pied disciplinaire
Madame, Monsieur,
Suite à l'entretien préalable du [date] et après examen de la situation, vous êtes informé(e) que vous ferez l'objet d'une mise à pied disciplinaire.
**Motif :** [Décrire précisément le fait fautif - ex: absence injustifiée du [date] ; refus de respecter les directives du [date] ; autre]
**Durée :** [Nombre de jours] jour(s) calendaire(s), du [date] au [date] inclus.
**Point de départ :** La mise à pied prend effet [à compter du [date] / dès réception de ce courrier]. Vous êtes interdit d'accès aux locaux de l'entreprise pendant cette période.
**Conséquences :** Vous ne percevrez pas de salaire pour la durée de cette mise à pied. Votre contrat de travail reste suspendu. Les obligations découlant du contrat (confidentialité, clauses de non-concurrence le cas échéant) demeurent en vigueur.
**Reprise :** Vous reprendrez votre poste le [date] à [horaire], sauf autre instruction.
Vous avez le droit de contester cette décision. Veuillez noter que cette mise à pied est une mesure de discipline qui ne règle pas définitivement le dossier : d'autres mesures pourraient être envisagées.
Demeurant à votre disposition pour toute question, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Signature du dirigeant]
[Titre et nom]
Conseils pratiques
- Toujours envoyer la convocation ET la notification par LRAR avec accusé de réception : c'est la preuve la plus solide en cas de contestation
- Notifiez par écrit SEUL(E) la mise à pied : ne l'annoncez pas verbalement d'abord, cela crée des flous et des preuves contradictoires
- Fixez une durée raisonnable et proportionnée à la faute : 1 à 3 jours pour faute simple, jusqu'à 8 jours maximum en général (vérifiez votre CC) ; au-delà, c'est souvent un licenciement à titre de sanction
- Conservez tous les documents : convocation, notes d'entretien, éléments de preuve, courrier de notification. Vous en aurez besoin si le salarié conteste
- Clarifiez la reprise : indiquez précisément le jour et l'heure de reprise pour éviter les malentendus
Questions fréquentes
Quelle est la durée maximale d'une mise à pied disciplinaire ?
Le Code du travail ne fixe pas de maximum légal absolu. C'est votre convention collective qui l'impose généralement (souvent 1 à 8 jours). Au-delà de durées excessives (plus de 15 jours), elle risque d'être requalifiée en licenciement. Consultez votre CC.
Pendant la mise à pied, dois-je payer un salaire ?
Non : la mise à pied est une suspension sans rémunération. Le salarié ne perçoit rien pour cette période. Cependant, les cotisations patronales de sécurité sociale continuent à s'appliquer (à vérifier selon votre situation). Consultez votre expert-comptable.
Puis-je prononcer une mise à pied sans entretien préalable ?
Non. Le Code du travail exige un entretien préalable avant toute sanction disciplinaire. L'absence d'entretien rend la mise à pied nulle, même si la faute est grave. Vous devriez indemniser le salarié.
La mise à pied peut-elle être prononcée immédiatement ou doit-elle attendre après l'entretien ?
Elle doit être notifiée APRÈS l'entretien préalable. Vous ne pouvez pas mettre à pied d'urgence sans respecter les étapes. Exception : en cas de faute très grave (violence, vol avéré), vous pouvez suspendre provisoirement le salarié avant l'entretien (mesure conservatoire temporaire), puis convoquer rapidement et prononcer ensuite.
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