Licenciement économique : contester et obtenir vos indemnités

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droit du travail

Licenciement économique : comment contester les critères d'ordre, vérifier vos indemnités et défendre vos droits aux prud'hommes

Vous venez de recevoir une lettre de licenciement pour motif économique et vous vous interrogez sur sa légitimité ? Vous n'êtes pas seul. Chaque année, des dizaines de milliers de salariés font face à cette situation sans savoir que la loi leur offre de nombreuses protections concrètes. Le Code du travail encadre strictement les licenciements économiques : votre employeur devait respecter des critères précis pour déterminer l'ordre des licenciements (article L1233-5), justifier d'une cause réelle et sérieuse (article L1233-2), et, si l'entreprise compte 50 salariés ou plus, mettre en place un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) sous peine de nullité de la procédure (article L1233-61).

Parmi vos droits les plus importants figure le respect des critères d'ordre des licenciements. Votre employeur devait prendre en compte les charges de famille, notamment la situation des parents isolés, l'ancienneté dans l'entreprise, la situation des salariés présentant des caractéristiques sociales rendant leur réinsertion difficile comme le handicap ou l'âge, ainsi que les qualités professionnelles appréciées par catégorie. Si ces critères n'ont pas été respectés, le licenciement peut être jugé sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à des indemnités pouvant atteindre plusieurs mois de salaire selon le barème Macron défini à l'article L1235-3.

Au-delà de la contestation du motif économique devant le Conseil de prud'hommes, vous avez également le droit à des indemnités spécifiques : l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (article L1234-9), l'indemnité compensatrice de préavis, l'indemnité compensatrice de congés payés, et éventuellement une indemnité de non-respect de la priorité de réembauche (article L1233-45). Vous avez aussi dû recevoir une proposition de Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), dont l'acceptation ou le refus a des conséquences directes sur vos indemnités. Notre outil de diagnostic gratuit analyse votre situation en 3 minutes et identifie toutes les irrégularités exploitables.

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Questions fréquentes

Quels sont les critères d'ordre des licenciements économiques que l'employeur doit respecter ?

Selon l'article L1233-5 du Code du travail, l'employeur doit fixer les critères d'ordre en tenant compte des charges de famille (notamment les parents isolés), de l'ancienneté dans l'entreprise, de la situation des salariés dont la réinsertion est difficile (âge, handicap), et des qualités professionnelles appréciées par catégorie. L'employeur peut pondérer ces critères mais ne peut en écarter aucun. Si ce classement n'a pas été respecté, le salarié écarté à tort peut réclamer des dommages et intérêts devant le Conseil de prud'hommes, en plus de son indemnité de licenciement.

Comment vérifier que l'ordre des licenciements a bien été respecté dans mon cas ?

Vous pouvez demander à votre employeur, dans les 10 jours suivant la notification de votre licenciement, de vous communiquer les critères retenus et leur pondération (article L1233-19 du Code du travail). L'employeur a alors 10 jours pour vous répondre. Cette information est précieuse car elle vous permettra de comparer votre situation à celle de collègues maintenus dans l'entreprise et d'identifier une éventuelle irrégularité. Notre diagnostic gratuit vous guide pas à pas dans cette démarche.

Le PSE est-il obligatoire et que se passe-t-il si mon employeur n'en a pas établi ?

Le Plan de Sauvegarde de l'Emploi est obligatoire dans toute entreprise d'au moins 50 salariés lorsque le projet de licenciement concerne au moins 10 salariés sur une période de 30 jours (article L1233-61 du Code du travail). L'absence ou l'insuffisance manifeste du PSE entraîne la nullité de la procédure de licenciement (article L1235-10), ce qui vous permet de demander votre réintégration ou, si vous ne le souhaitez pas, une indemnité au moins égale à 6 mois de salaire brut. Vérifiez votre situation avec notre outil de diagnostic.

Quelles indemnités puis-je percevoir en cas de licenciement économique ?

En cas de licenciement économique, vous avez droit à plusieurs indemnités cumulables : l'indemnité légale de licenciement calculée selon l'article L1234-9 (1/4 de mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà), l'indemnité compensatrice de préavis si ce dernier n'est pas effectué, l'indemnité compensatrice de congés payés, et une éventuelle indemnité supralegale prévue par votre convention collective. Si votre licenciement est reconnu sans cause réelle et sérieuse, le barème de l'article L1235-3 prévoit des indemnités allant de 0,5 mois (moins d'un an d'ancienneté) à 20 mois de salaire brut (43 ans ou plus d'ancienneté).

Dois-je accepter le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) ?

Le CSP vous permet de bénéficier d'un accompagnement renforcé pendant 12 mois et d'une allocation de sécurisation professionnelle égale à 75 % de votre salaire journalier de référence, supérieure aux allocations chômage classiques dans bien des cas. En l'acceptant, vous renoncez à votre préavis mais votre employeur verse son montant directement à France Travail (ancien Pôle Emploi). Le refus du CSP vous permet d'effectuer ou d'être indemnisé pour votre préavis, puis de bénéficier de l'ARE classique. La décision optimale dépend de votre salaire, de votre ancienneté et de votre situation. Notre diagnostic vous aide à choisir en toute connaissance de cause.

Comment contester un licenciement économique devant le Conseil de prud'hommes ?

Vous disposez d'un délai de 12 mois à compter de la notification du licenciement pour saisir le Conseil de prud'hommes et contester le motif économique (article L1471-1 du Code du travail). Vous devez démontrer que la cause économique invoquée, comme les difficultés économiques, les mutations technologiques ou la nécessité de sauvegarder la compétitivité, n'est pas réelle ou sérieuse au sens de l'article L1233-2. En cas de succès, vous bénéficiez du barème d'indemnisation de l'article L1235-3. La saisine se fait par requête remise ou envoyée au greffe du Conseil de prud'hommes compétent, celui du lieu de travail habituellement.

Quels délais pour contester et quand la prescription court-elle ?

Le délai de contestation d'un licenciement économique est de 12 mois à compter de la dernière réunion des représentants du personnel ou, à défaut, de la notification du licenciement (article L1235-7 du Code du travail pour les cas collectifs). Pour la contestation individuelle du motif et des indemnités, ce délai de prescription est également de 12 mois (article L1471-1). Passé ce délai, votre action sera irrecevable. Il est donc impératif d'agir rapidement et de commencer par identifier vos irrégularités grâce à notre diagnostic gratuit.

Mon employeur peut-il me licencier pour motif économique s'il embauche en parallèle ?

Non, c'est une irrégularité sérieuse. La cause économique doit être réelle et sérieuse, ce qui implique notamment que l'employeur ait mis en oeuvre son obligation de reclassement préalable au licenciement (article L1233-4 du Code du travail), en recherchant les postes disponibles dans l'entreprise et le groupe. Des embauches concomitantes sur des postes similaires peuvent démontrer que le licenciement n'était pas justifié et conduire à sa requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse par les prud'hommes, avec les indemnités correspondantes.

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